Les collectivités appelées à libérer le chemin de l’école

, mis à jour le 03/09/2026 à 15h30
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Écomobilité scolaire : la rue reste à conquérir »

Marche, vélo, pédibus, rues scolaires : dans son guide « Aller de soi », l’Ademe invite les collectivités à repenser les déplacements des plus jeunes. Au-delà de la réduction de la voiture, l’écomobilité scolaire constitue un enjeu de santé, d’autonomie et d’égalité.

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La marche reste le premier mode de déplacement scolaire dans l’Hexagone, avec 48 % des trajets, devant la voiture à 31 %. Mais son usage diminue avec la distance : jusqu’à un kilomètre, elle domine ; au-delà de cinq kilomètres, la voiture assure près de la moitié des déplacements. Le vélo reste sous-utilisé. Si 85 % des enfants de métropole en possèdent un, seuls 6 % l’utilisent tous les jours ou presque. Il demeure associé aux loisirs, alors que les jeunes préféreraient souvent aller à l’école à pied ou à vélo avec leurs camarades.

La crainte des parents freine l’autonomie

Le choix du mode de déplacement dépend fortement du sentiment de sécurité des adultes. Un enfant a 24 % de chances supplémentaires de marcher lorsque ses parents considèrent ce mode comme sûr, et 12,5 % de chances supplémentaires de faire du vélo. Pourtant, trois quarts des parents jugent aujourd’hui la marche et le vélo plus dangereux que durant leur enfance. Le premier déplacement effectué seul intervient désormais à 11,6 ans en moyenne, contre 10,6 ans pour la génération des parents. Les écarts territoriaux sont marqués : 27 % des enfants se déplacent sans accompagnement entre le domicile et l’école à Paris, contre 18 % en zone rurale. Les filles disposent également de moins de liberté que les garçons. Cette dépendance à la voiture nourrit la sédentarité. Près de la moitié des garçons et deux tiers des filles de 6 à 17 ans n’atteignent pas les recommandations d’activité physique. Favoriser les modes actifs améliore aussi la qualité de l’air et prépare des habitudes plus durables.

Un bouquet d’actions à l’échelle locale

L’Ademe recommande de commencer par un diagnostic partagé des trajets, des dangers et des attentes. Le plan de déplacements d’établissement scolaire permet ensuite d’associer élus, services techniques, école, parents, élèves et associations.

Les leviers sont multiples : rues scolaires fermées à la circulation, zones à 30 km/h, trottoirs élargis, traversées sécurisées, pistes cyclables continues, parvis apaisés, stationnements pour vélos et végétalisation. Pédibus, vélobus, apprentissage du vélo, prêts de matériel et cartes d’itinéraires complètent les aménagements.

Le guide rassemble treize expériences, des rues aux écoliers de Montpellier au vélobus de Seine-Eure. Leur point commun : combiner transformation de l’espace, accompagnement des familles et participation des enfants. Une piste cyclable isolée ne suffit pas : il faut un itinéraire continu, rassurer les parents et donner progressivement aux plus jeunes la possibilité de se déplacer seuls.

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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