Absentéisme dans les collectivités, des arrêts moins fréquents mais plus longs

, mis à jour le 05/11/2026 à 16h33
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Moins fréquents mais plus longs, les arrêts pour raison de santé fragilisent l’organisation des services et alourdissent la charge des équipes présentes, souligne le Panorama 2026 de Relyens.

En douze ans, les arrêts de plus de trois mois en maladie ordinaire ont bondi de 230 %, selon le Panorama 2026 de Relyens. Derrière une hausse apparemment modérée du taux d’absentéisme, l’allongement des absences fragilise les équipes. Prévenir l’usure professionnelle devient une priorité pour les employeurs territoriaux.

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Un point de plus, mais des conséquences bien concrètes. Entre 2014 et 2025, le taux d’absentéisme est passé de 8,8 % à 9,8 %, selon le Panorama 2026 de Relyens. Pour une collectivité de 100 agents, cette progression représente l’équivalent d’un agent supplémentaire absent toute l’année. Avec, à la clé, des remplacements à organiser, des dossiers à redistribuer et des équipes davantage sollicitées pour assurer la continuité du service public.

Fondée sur les données de près de 475 000 agents affiliés à la CNRACL dans quelque 16 300 collectivités, l’étude révèle surtout une transformation des absences. Entre 2014 et 2025, la fréquence des arrêts a diminué de 25 %, tandis que leur durée moyenne a augmenté de 52 %. Elle atteint 56 jours en 2025, toutes natures d’absences étudiées confondues, maternité comprise.

Les absences longues changent la donne

Le chiffre le plus frappant concerne la maladie ordinaire : les arrêts de plus de trois mois ont progressé de 230 % en douze ans, alors que les arrêts plus courts ont reculé de 7 %. Le problème tient donc de plus en plus à l’éloignement durable du travail. Cette évolution pèse sur les budgets. Selon Relyens, un arrêt de maladie ordinaire coûte en moyenne 1 643 euros, contre 39 043 euros pour un congé de longue maladie. Ces deux catégories administratives doivent être distinguées : un arrêt de plus de trois mois en maladie ordinaire n’est pas nécessairement un congé de longue maladie. Au coût de l’absence s’ajoutent les répercussions sur le service : recours aux remplacements, heures supplémentaires, reports d’activité et surcharge pour les collègues présents. Une organisation peut ainsi conserver des effectifs stables tout en disposant de moins d’agents pour accomplir ses missions.

Le vieillissement des personnels accentue cette fragilité. Avec 46 ans de moyenne d’âge, les agents territoriaux forment, selon le rapport, la population active la plus âgée de France. Or, après 50 ans, un arrêt dure en moyenne deux fois plus longtemps qu’avant 30 ans. Un constat qui invite à anticiper les difficultés bien avant la fin de carrière.

Prévenir l’usure avant la rupture

Les métiers territoriaux restent souvent physiquement exigeants : entretien des locaux, petite enfance, restauration scolaire, collecte des déchets ou maintenance des espaces publics. Près de neuf maladies professionnelles sur dix sont des troubles musculosquelettiques, notamment liés aux gestes répétés et au port de charges, souligne Relyens.

Pour les collectivités, les leviers sont concrets : adapter les équipements, revoir certaines tâches, réduire les manutentions et préparer les évolutions professionnelles. Le rapport propose, par exemple, de systématiser les entretiens de mi-carrière pour envisager la reconversion d’une ATSEM avant que l’usure physique ne la contraigne à un arrêt prolongé. L’accompagnement du retour compte tout autant. Aménagement du poste, reprise progressive et coordination avec la médecine professionnelle doivent permettre de retrouver durablement sa place dans le collectif. Les encadrants ont également besoin d’être formés pour repérer les difficultés et maintenir un lien adapté avec les agents.

Relyens recommande enfin de croiser fréquence, durée et proportion d’agents concernés, service par service, avec les représentants du personnel. L’enjeu est de cibler les actions sur les situations réelles de travail. Car derrière chaque absence qui se prolonge se jouent à la fois la santé d’un agent et la capacité d’une équipe à maintenir le service aux habitants.

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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