Aides à domicile : un angle mort du mandat municipal
Indispensables au maintien à domicile, au cœur des politiques de solidarité locales, les métiers de l’aide à domicile restent pourtant parmi les plus exposés aux risques professionnels. Une nouvelle recommandation du Fonds national de prévention de la CNRACL invite les collectivités à regarder en face un enjeu RH devenu stratégique.
Vieillissement de la population, hausse de la dépendance, tensions sur le recrutement : les collectivités locales sont en première ligne pour organiser les services d’aide à domicile. Or, selon la recommandation publiée en janvier 2026 par le Fonds national de prévention (FNP) de la CNRACL, ces métiers affichent une sinistralité trois fois supérieure à la moyenne nationale, et même supérieure d’un tiers à celle du BTP. Accidents du travail, maladies professionnelles, usure physique et mentale : la pénibilité structurelle de ces fonctions fragilise à la fois les agents… et la continuité du service public local.
Un risque organisationnel pour les collectivités
Pour les communes, intercommunalités et départements, l’enjeu dépasse largement la seule prévention. Absentéisme, arrêts longs, désorganisation des plannings, difficultés de remplacement : la dégradation des conditions de travail pèse directement sur la qualité du service rendu aux usagers.
C’est dans ce contexte que le FNP de la CNRACL a mobilisé quinze employeurs territoriaux et hospitaliers afin d’identifier des leviers d’action concrets, à partir des pratiques de terrain.
Une recommandation pensée pour les employeurs locaux
Intitulée « Prévenir les risques et améliorer les conditions de travail des métiers de services à la personne à domicile », la recommandation propose une approche structurée et opérationnelle. Elle met à disposition des collectivités :
• une cartographie synthétique des risques propres à ces métiers,
• des bonnes pratiques éprouvées,
• des exemples facilement reproductibles, y compris dans des structures de taille modeste.
L’objectif est clair : permettre aux employeurs publics de passer d’une gestion réactive des accidents à une logique d’anticipation et de prévention, intégrée à l’organisation du travail.
Prévenir pour sécuriser le service public
Dans un contexte budgétaire contraint, la prévention peut encore apparaître comme une charge. À rebours de cette idée, la CNRACL rappelle qu’elle constitue un investissement stratégique : réduction des arrêts, stabilisation des équipes, amélioration de l’attractivité des métiers et sécurisation des parcours professionnels.
Pour les élus locaux, la question est désormais centrale : garantir le maintien à domicile sans fragiliser ceux qui le rendent possible. Un équilibre délicat, mais incontournable pour les prochaines mandatures.