
Fonction publique territoriale : le télétravail décroche

Moins d’agents publics télétravaillent aujourd’hui qu’en 2021. C’est ce que révèle une étude publiée par la DGAFP (Direction générale de l'administration et de la fonction publique) en mars dernier. Alors que le secteur privé maintient une pratique stable, la fonction publique revient, lentement mais sûrement, vers le présentiel. Une dynamique, cependant, contrastée selon les versants et les métiers.
Le télétravail dans la fonction publique n’aura pas tenu toutes ses promesses. Selon l’étude publiée par la Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP), la part des agents pratiquant le télétravail est passée de 22 % en 2021 à seulement 16 % en 2023. En comparaison, le secteur privé affiche une légère stabilité avec 23 % de salariés concernés en 2023, contre 24 % deux ans plus tôt. La levée progressive des restrictions sanitaires liées à la crise du Covid explique en grande partie ce recul. Mais pas seulement.
La pratique reste très hétérogène entre les trois versants de la fonction publique. En 2023, 24 % des agents de l’État (hors enseignants) télétravaillent, contre 13 % dans la territoriale et seulement 5 % dans l’hospitalière. Cette disparité s’explique par la nature des métiers : les fonctions nécessitant un contact direct avec le public – notamment les soins et les services sociaux – se prêtent peu au travail à distance.
Les cadres administratifs et techniques concentrent l’essentiel de la pratique. D’après l’Enquête Emploi 2023 de l’Insee, 48 % d’entre eux ont télétravaillé au cours du mois précédant l’enquête. Pour autant, la tendance est à la réduction du nombre de jours télétravaillés : seuls 11 % des agents télétravaillaient trois jours ou plus par semaine en 2023, contre 40 % en 2021. Dans le privé, cette part a aussi baissé, mais moins fortement (de 52 % à 24 %).
À l’inverse, la proportion d’agents ne télétravaillant qu’un jour ou moins par semaine a explosé, passant de 33 % à 61 % en deux ans. Cela traduit un changement de rythme plus qu’un abandon pur et simple. Le modèle hybride s’impose, mais sur une base minimale.
Cette évolution interroge : assiste-t-on à un repli ou à une normalisation ? La fonction publique semble avoir intégré le télétravail comme un outil parmi d’autres, mais sans en faire une norme. Les contraintes d’organisation, la culture du présentiel et l’adaptation encore inégale des outils numériques freinent sa généralisation.
Reste à savoir si cette tendance marquera une stabilisation durable ou si, à la faveur de nouvelles attentes sociales ou climatiques, le télétravail public connaîtra un second souffle.
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