Violences au travail : un agent public sur quatre se sent en insécurité
Injures, menaces, harcèlement, violences physiques… Les agents de la fonction publique restent davantage exposés aux violences que les salariés du privé. Selon une étude publiée par la DGAFP, un quart d’entre eux déclarent aujourd’hui ressentir un sentiment d’insécurité sur leur lieu de travail.
Les métiers du service public demeurent particulièrement exposés aux violences. D’après les données de la Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) publiées fin mai, 16 % des agents publics ont été victimes d’au moins une atteinte à la personne en 2023, un niveau légèrement supérieur à celui observé dans le secteur privé. Les injures arrivent en tête des violences subies, devant le harcèlement moral, les violences sexuelles, les discriminations, les menaces et les violences physiques.
Cette surexposition s’explique principalement par l’exercice même des missions de service public. Hors violences conjugales, 42 % des atteintes signalées par les agents publics sont directement liées à leur activité professionnelle, contre 32 % dans le secteur privé. Les violences physiques, les injures et les menaces surviennent particulièrement dans le cadre du travail et concernent en premier lieu les agents en contact avec le public.
Les métiers du contact en première ligne
Les policiers, militaires et pompiers figurent parmi les professions les plus exposées, mais ils ne sont pas les seuls. Les professionnels de la santé, du travail social, de l’accueil ou encore de l’administration de proximité sont également fortement concernés. Selon l’étude, 92 % des atteintes subies dans la fonction publique touchent des agents en relation avec le public. Les agents âgés de 30 à 49 ans sont les plus touchés, concentrant près de six atteintes sur dix. Les femmes, majoritaires dans la fonction publique, sont particulièrement exposées aux violences sexuelles et au harcèlement moral.
Un sentiment d’insécurité qui progresse
Conséquence directe de cette exposition : le sentiment d’insécurité s'installe durablement. En 2024, 25 % des agents publics déclarent se sentir souvent ou de temps en temps en insécurité sur leur lieu de travail, contre 16 % des salariés du privé. Cette proportion grimpe fortement parmi les agents ayant déjà été victimes de violences dans l’exercice de leurs fonctions.
Malgré cette réalité, les faits donnent encore rarement lieu à un dépôt de plainte. Seules 10 % des atteintes survenues dans le cadre professionnel sont signalées à la justice, même si ce taux demeure supérieur à celui observé dans le secteur privé.
Alors que les agressions contre les agents publics restent à un niveau élevé, cette étude rappelle les enjeux croissants de protection des personnels, de prévention des violences et d’accompagnement des agents confrontés à des situations de plus en plus tendues dans l’exercice de leurs missions quotidiennes.