Crédits carbone et biodiversité : la France accélère le financement de la transition écologique

Danièle Licata
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Transition écologique : faire appel au privé pour accélérer

Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, a réuni les principaux financeurs des crédits biodiversité et carbone. Entre compensation écologique et réduction des émissions de CO₂, l’État veut structurer un cadre solide pour favoriser l’engagement des entreprises et renforcer la résilience des territoires.

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Face à l’urgence climatique et à l’érosion de la biodiversité, le gouvernement renforce ses mécanismes d’incitation aux investissements écologiques avec deux dispositifs : les Sites naturels de compensation, restauration et de renaturation (SNCRR) et le Label bas-carbone (LBC). L’objectif ? Offrir aux entreprises des outils fiables et encadrés par l’État pour restaurer la nature et réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. En rassemblant une centaine d’acteurs lors du comité des financeurs, la ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer les financements privés pour compléter les investissements publics et permettre ainsi un déploiement massif de ces projets.

Les crédits biodiversité : vers un réseau de sites naturels de compensation

Inscrits dans la loi Industrie Verte de 2023, les SNCRR constituent une initiative unique en Europe. Ces sites agréés permettent de restaurer la biodiversité tout en servant d’outil de compensation obligatoire pour les aménageurs. Ils offrent aussi aux entreprises la possibilité de contribuer volontairement à des projets écologiques concrets.
La dynamique est lancée : la CDC Biodiversité prévoit six nouvelles demandes d’agrément d’ici 2027, tandis que des acteurs publics comme l’ONF et le Conservatoire du littoral déposeront leurs premiers dossiers dès 2026. Par ailleurs, un fonds de 10 millions d’euros a été mis en place pour structurer l’accompagnement des porteurs de projets.

Un Label bas-carbone en évolution

Créé en 2018, le Label bas-carbone (LBC) s’impose comme un levier central de la politique française de réduction des émissions de CO₂. À ce jour, plus de 1 500 projets ont été labellisés, représentant 6 millions de tonnes de CO₂ évitées ou séquestrées.
Pour répondre aux attentes des financeurs, l’État engage une réforme du LBC en intégrant de nouvelles méthodes adaptées aux forêts, à l’agriculture et aux zones humides. Un Club des financeurs rassemblant les entreprises engagées dans l’achat de crédits carbone sera également lancé.

Une transition écologique territorialisée

En facilitant le financement des projets environnementaux, ces dispositifs visent à ancrer la transition écologique dans les territoires. La mobilisation des collectivités locales est d’ailleurs un enjeu clé : elles devront identifier les sites prioritaires pour la compensation écologique et accompagner les initiatives locales.
« Ce que nous bâtissons, c’est un cadre clair et exigeant, reconnu par l'État, pour financer des projets qui permettent très concrètement de lutter contre le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité », a résumé Agnès Pannier-Runacher. 

Si la dynamique est bien engagée, elle devra désormais convaincre les entreprises et investisseurs d’adhérer massivement à ces outils, pour faire du financement vert un moteur de la transition écologique en France.
 

Danièle Licata
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