Image
https://bit.ly/4iqYPsv
Image
https://bit.ly/4iqYPsv
Image
PAVE PARIS BUILDER SHOW S38 S39
Image
PAVE PARIS BUILDER SHOW S38 S39

Énergie, carburants : la précarité gagne du terrain

, mis à jour le 14/09/2026 à 12h39
Image
Face à la hausse des prix de l’énergie, de plus en plus de ménages sont contraints d’arbitrer entre se chauffer et financer d’autres dépenses essentielles.

Le 20e baromètre Ipsos-Secours populaire révèle une nette aggravation de la précarité en France. Pour la première fois, l’étude mesure l’impact des dépenses énergétiques sur les ménages, contraints d’arbitrer entre se chauffer, se déplacer, se nourrir ou se soigner.

Partager sur

Trop froid l’hiver, trop chaud l’été et toujours trop cher. La précarité énergétique s’installe au cœur du quotidien des Français. Selon le baromètre Ipsos-Secours populaire 2026, 79 % d’entre eux considèrent que leurs factures d’énergie représentent une part importante de leur budget. Ils sont également 71 % à redouter une nouvelle hausse du prix des carburants, soit treize points de plus en un an.

L’étude, réalisée auprès de 1 000 personnes en France et de 10 000 adultes dans dix pays européens, met en évidence une dégradation générale des conditions de vie. En France, 26 % des personnes interrogées se déclarent en situation de précarité, six points de plus qu’en 2025. Les indicateurs retrouvent ainsi les niveaux particulièrement préoccupants observés entre 2022 et 2024.

Des arbitrages entre énergie, alimentation et santé

Face à l’augmentation des dépenses contraintes, les renoncements touchent désormais les besoins les plus essentiels. Au cours des douze derniers mois, 26 % des Français ont réduit leurs dépenses d’alimentation ou de santé pour régler leurs factures d’énergie. Ils sont 28 % à avoir effectué les mêmes sacrifices pour payer leur carburant.

Plus d’un Français sur deux a par ailleurs volontairement maintenu son logement à une température inférieure à 18 °C afin de faire des économies. La précarité énergétique ne se limite plus à l’hiver : un tiers des personnes interrogées déclarait déjà avoir régulièrement peiné à conserver une température supportable dans son logement au cours de l’été précédent. Or, l’enquête ayant été menée entre le 6 mai et le 9 juin, elle ne prend pas en compte les dernières vagues de chaleur.

Les déplacements constituent un autre point de tension : 46 % des Français rencontrent des difficultés pour payer leurs frais de transport, douze points de plus en un an. Cette progression fragilise particulièrement les habitants des territoires ruraux et périurbains, souvent dépendants de leur voiture.

Le travail ne protège plus suffisamment

La précarité déborde désormais largement les publics traditionnellement identifiés. Quatre actifs sur dix estiment que les revenus de leur travail ne suffisent plus à couvrir l’ensemble de leurs dépenses, en hausse de dix points. Parallèlement, 18 % des Français déclarent vivre à découvert. Les difficultés gagnent tous les postes budgétaires : 37 % peinent à financer une alimentation saine permettant trois repas par jour, 33 % à payer leur logement et ses charges, et 55 % à partir en vacances au moins une fois par an. « La précarité gagne du terrain, s’installe durablement et touche des publics toujours plus nombreux », alerte Houria Tareb, secrétaire nationale du Secours populaire. Face à cette situation, l’association mobilise 100 000 bénévoles, alors que 39 % des Français se disent prêts à donner de leur temps, trois points de moins qu’en 2025.

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
Partager sur

Inscrivez-vous gratuitement à nos newsletters

S'inscrire