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Mobilité inclusive : la flambée du pétrole ravive l’urgence

, mis à jour le 11/09/2026 à 08h46
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Dans les territoires ruraux, la hausse du prix des carburants fragilise les ménages dépendants de leur voiture pour leurs déplacements quotidiens.

Alors que la hausse du prix du pétrole renchérit les déplacements du quotidien, une étude du Laboratoire de la mobilité inclusive souligne la fragilité du secteur. Réunis à l’Assemblée nationale, élus et acteurs associatifs réclament 300 millions d’euros supplémentaires pour changer d’échelle.

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Quand le baril s’envole, les fractures territoriales se creusent. Le Brent a approché les 110 dollars le 11 septembre, sur fond de tensions géopolitiques, faisant craindre une nouvelle hausse durable des prix à la pompe. Une flambée qui frappe d’abord les ménages dépendants de leur voiture, particulièrement nombreux dans les territoires ruraux et périurbains. Se rendre au travail, consulter un médecin ou suivre une formation peut alors devenir un luxe. Dans ce contexte, l’étude « Quel financement pour la mobilité inclusive ? », réalisée par le cabinet Auxilia pour le Laboratoire de la mobilité inclusive (LMI), prend une résonance particulière. Sa restitution lors d’une conférence-débat à l’Assemblée nationale a mis en évidence l’écart entre l’ampleur des besoins et les moyens consacrés à leur prise en charge.

Un secteur essentiel, mais financièrement fragile

Plus de 15 millions de personnes seraient confrontées à une forme de précarité liée à leurs déplacements. Parmi elles, entre 5 et 7 millions auraient besoin d’un accompagnement structuré. Pourtant, les quelque 350 acteurs de l’économie sociale et solidaire recensés par l’étude n’ont accompagné que 200 000 personnes en 2024.

Le secteur représente environ 150 millions d’euros par an, financés à 71 % par des fonds publics. Les collectivités territoriales apportent 56 millions d’euros, dont 31 millions par les départements. Mais cette dépendance aux subventions fragilise des structures composées à plus de 90 % d’associations. En moyenne, elles consacrent 14 % de leurs équivalents temps plein à rechercher des financements.

Cette précarité économique limite leur capacité à répondre à une demande croissante. « La mobilité est une condition de la démocratie », a rappelé Francis Demoz, délégué général du LMI. Sans solution pour se déplacer, l’accès à l’emploi, aux soins, à la formation et aux droits fondamentaux se trouve directement compromis.

Trouver 300 millions d’euros pour changer d’échelle

L’étude propose de porter l’effort financier à 450 millions d’euros par an, soit 300 millions supplémentaires. Cette enveloppe permettrait d’accompagner 600 000 personnes chaque année. Elle pourrait provenir du versement mobilité, des certificats d’économies d’énergie, des amendes routières, des fonds européens ou encore des politiques de responsabilité sociale des entreprises. Les débats à l’Assemblée ont également fait émerger trois priorités : donner aux associations une visibilité pluriannuelle, simplifier l’accès aux financements et considérer la mobilité inclusive comme un investissement social. L’intégration de ces dispositifs dans les délégations de service public de transport constitue une autre piste.

La hausse du pétrole agit ici comme un révélateur. Elle rappelle que la mobilité inclusive ne peut plus reposer sur des aides ponctuelles, déclenchées au rythme des crises. Elle doit devenir une politique publique durable, capable de protéger les ménages lorsque chaque kilomètre supplémentaire pèse davantage sur leur budget.

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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