Municipales 2026 : les animaux s’invitent dans le débat local

, mis à jour le 25/02/2026 à 12h09
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La gestion des déjections canines demeure un point sensible

À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, la place des animaux de compagnie s’impose comme un enjeu concret de politique locale. Propreté, gestion des animaux errants, espaces dédiés, information des habitants : au-delà de l’affectif, la question animale relève pleinement des compétences municipales. Une attente d’autant plus forte que 60 % des foyers français possèdent au moins un chien ou un chat.

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Ils sont plus de 18 millions d’animaux identifiés en France. Derrière ces chiffres, une réalité quotidienne : la cohabitation entre habitants et animaux structure désormais le vivre-ensemble urbain et périurbain. Et à l’approche des municipales, le sujet sort de la sphère privée pour devenir une question de gestion publique.
Selon l’étude OpinionWay menée pour le Fichier National I-CAD, 73 % des Français se disent globalement satisfaits des actions mises en place par leur commune. Mais derrière cette majorité, les attentes restent fortes — et parfois critiques — sur des sujets très concrets : propreté, lisibilité des règles, gestion des animaux errants.
« Face à leur place désormais incontournable dans notre société, la question n’est plus d’accepter les animaux, mais d’organiser pleinement leur intégration dans l’espace public », souligne Pierre Buisson, vétérinaire et président d’Ingenium animalis.

Propreté et responsabilisation : des priorités clairement identifiées

La gestion des déjections canines demeure un point sensible. Si 63 % des Français se déclarent satisfaits des actions de propreté, 41 % des habitants des petites agglomérations et 42 % de ceux de l’agglomération parisienne se disent insatisfaits.
Plus révélateur encore : seuls 4 Français sur 10 déclarent que leur commune a mis en place un dispositif spécifique (sacs, bornes, nettoyage dédié).
Lorsqu’on les interroge sur les priorités municipales à renforcer, les habitants citent en tête : la propreté de la voie publique (56 %) ; l’éducation et la responsabilisation des propriétaires (55 %) ; le bien-être et la protection animale (41 %) ; la sécurité publique (34 %). Autrement dit, les électeurs attendent moins de symbolique que de la gestion opérationnelle.

Un déficit de communication et de lisibilité

L’autre point faible mis en lumière par l’enquête concerne l’information. Seuls 38 % des Français identifient une communication municipale claire sur les règles d’accès aux espaces publics avec un animal. Et 34 % déclarent ne pas savoir quelles règles s’appliquent. La méconnaissance est encore plus marquée en cas de problème : seuls 35 % sauraient spontanément vers quel service se tourner en cas de perte ou de découverte d’un animal errant.
Ce déficit de lisibilité fragilise pourtant l’action publique locale, alors même que les maires disposent de pouvoirs étendus en matière de police administrative : gestion des animaux dangereux, lutte contre la divagation, capture et stérilisation des chats errants, accès au Fichier National I-CAD pour identifier les propriétaires.

Des infrastructures encore jugées insuffisantes

Si la majorité des Français se disent globalement satisfaits, seuls 33 % considèrent réellement leur ville comme “animal friendly”. 20 % jugent les espaces dédiés suffisants ; 51 % estiment qu’ils sont inexistants ou insuffisants ; seuls 32 % affirment que leur commune dispose de parcs ou d’espaces dédiés aux chiens

Même constat pour la gestion des animaux sans maître : seuls 25 % identifient l’existence d’un service d’accueil pour animaux perdus, 19 % mentionnent des dispositifs de stérilisation des chats errants et 17 % un soutien aux refuges.
Des chiffres préoccupants alors que plus de 82 000 chiens et chats ont été déclarés perdus en 2024.

Un enjeu générationnel et électoral

Le signal est clair : 7 Français sur 10 estiment que leur qualité de vie serait améliorée si leur commune développait davantage de services en faveur des animaux. Ce chiffre grimpe à 85 % chez les moins de 35 ans.
À l’heure où les équipes municipales élaborent leurs programmes, la question animale apparaît moins comme un sujet périphérique que comme un levier d’attractivité territoriale et de qualité de vie.
 

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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