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Sécheresse : l’agriculture française cherche les moyens de rebondir

, mis à jour le 15/09/2026 à 18h14
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Après trois mois presque sans pluie dans certains territoires, la production française de maïs grain devrait chuter de 35,5 % en 2026, pour une perte économique estimée à un milliard d’euros

Lors de sa conférence de presse de rentrée, Chambres d’agriculture France a dressé le bilan d’un été 2026 marqué par une sécheresse historique. Effondrement de certaines récoltes, pénurie de fourrage et trésoreries fragilisées : le réseau appelle à répondre à l’urgence tout en accélérant l’adaptation au changement climatique.

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« Notre priorité est d’accompagner pour rebondir. » En ouvrant, le 9 septembre, la conférence de presse de rentrée de Chambres d’agriculture France, son président Sébastien Windsor a placé la reconstruction de la capacité productive au cœur des priorités. Agriculteur en Normandie, il a lui-même connu trois mois sans pluie, contre une quinzaine de jours au plus fort d’un été habituel.
Entre le 15 mai et le 15 août, la quasi-totalité du pays a été touchée. Au total, 99 départements, représentant 83 % du territoire, ont fait l’objet d’un arrêté sécheresse. Un choc climatique dont les effets dépassent désormais les seules exploitations : selon l’Insee, la contraction de la production agricole a pesé sur la croissance française, restée nulle au deuxième trimestre après un recul de 0,2 % au premier.

Des récoltes en chute libre

Peu de productions ont été épargnées. Avec 8,8 millions de tonnes attendues, la récolte de maïs grain devrait chuter de 35,5 % en un an, un recul encore plus marqué qu’en 2003. La perte économique est estimée à un milliard d’euros. Le maïs fourrage baisse de 26,7 %, les pommes de terre de conservation de 21,5 % et le blé dur de 16 %. La production viticole recule, quant à elle, de 6 % sur un an et de 17 % par rapport à la moyenne 2021-2025. À seulement 34 millions d’hectolitres, elle atteindrait son niveau le plus bas depuis la fin des années 1950.
Les premières estimations concernant les légumes font état de baisses comprises entre 10 et 100 % selon les productions. Cette contraction pourrait provoquer des pénuries temporaires, alimenter l’inflation et ralentir l’activité des entreprises de transformation, faute de volumes suffisants.
L’élevage est également sous pression. La pousse insuffisante des prairies oblige certains éleveurs à utiliser dès maintenant leurs stocks de fourrage hivernaux, à acheter des aliments devenus rares ou à vendre une partie de leur cheptel. La mortalité a progressé chez les bovins, les porcs et les volailles, tandis que la collecte de lait a reculé de 7 % en juin.
À ces pertes s’ajoute la hausse des intrants. Le franchissement des 90 dollars par le baril de pétrole début septembre renchérit l’énergie, les transports et les emballages. Le gazole non routier repart lui aussi à la hausse, tandis que l’urée atteint 627 euros la tonne.

Éviter le « sur-accident » financier

Pour Chambres d’agriculture France, le risque est désormais celui d’un « sur-accident » lié au manque de trésorerie. Des exploitants pourraient renoncer à fertiliser certaines parcelles ou céder des animaux reproducteurs, avec des conséquences durables sur leur capacité de production et leurs revenus. Au premier trimestre 2026, les défaillances d’entreprises ont déjà augmenté de 36,6 % dans les productions végétales et de 7,3 % dans les productions animales.

Le réseau, qui salue le plan d’urgence annoncé par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, demande des prêts de trésorerie adaptés aux exploitations sinistrées, une prise en charge des intérêts et, dans certains cas, une garantie de l’État. Sur le terrain, les Chambres ont lancé une enquête dans une trentaine de départements particulièrement touchés et proposent aux éleveurs des bilans fourragers gratuits ou à coût réduit. Les cellules Réagir sont également mobilisées auprès des exploitations les plus fragiles.
Mais l’urgence ne suffira pas. Le réseau défend une stratégie fondée sur trois priorités : produire, protéger et adapter. Il réclame le développement du stockage hivernal de l’eau, de nouveaux ouvrages et une irrigation plus économe grâce au goutte-à-goutte enterré, à la micro-irrigation et aux outils d’aide à la décision. Le programme Climaterra a déjà sensibilisé 10 000 agriculteurs à l’adaptation de leur exploitation.

« Nous ne voulons pas seulement aider les exploitations à traverser la prochaine crise. Nous voulons leur redonner les moyens de produire et d’investir », insiste Sébastien Windsor. Un impératif pour préserver les fermes, mais aussi la souveraineté alimentaire française.
 

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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