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Sécurité civile : la colère monte dans les départements

, mis à jour le 15/09/2026 à 17h54
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Face à la hausse des interventions et à l’intensification des risques climatiques, les départements réclament à l’État une trajectoire financière pluriannuelle pour garantir les capacités d’action des SDIS

Écartés de l’élaboration du projet de loi de modernisation de la sécurité civile, les départements dans un communiqué dénoncent un texte sans trajectoire financière et redoutent un retour de la tutelle préfectorale sur les Service départemental d'incendie et de secours (SDIS). Après un été marqué par de violents incendies, ils demandent à l’État de prendre ses responsabilités.

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La coupe est pleine. Réunis dans le Jura à l’invitation de Gérôme Fassenet (président du département du Jura), les présidents de Départements de France ont exprimé leur « déception » et leur « colère » après avoir découvert le projet de loi de modernisation de la sécurité civile. Présenté le 8 septembre aux syndicats de sapeurs-pompiers, le texte doit traduire les conclusions du Beauvau de la sécurité civile. Mais pour les départements, principaux financeurs des services départementaux d’incendie et de secours avec les communes, le compte n’y est pas.
Le projet prévoit notamment la généralisation des plans communaux et intercommunaux de sauvegarde, la création de contrats territoriaux de secours d’urgence à personne ou encore le regroupement des centres d’appels des SDIS et des Samu au sein de plateformes communes. Il ouvre également la possibilité de recruter des sapeurs-pompiers volontaires par des contrats spécifiques à temps non complet. En revanche, il ne comporte aucun engagement financier, les moyens étant renvoyés au projet de loi de finances pour 2027.

Des financeurs tenus à l’écart

La méthode a mis le feu aux poudres. Départements de France affirme ne pas avoir été associée à la préparation d’un texte qui engage pourtant directement les responsabilités, l’organisation et les finances des SDIS.
« Il n’est pas acceptable que les Départements, principaux financeurs des SDIS, soient tenus à l’écart de l’élaboration d’un texte qui engage directement leurs responsabilités, leurs moyens et l’avenir de notre modèle de sécurité civile », dénonce François Sauvadet, président de Départements de France.
La gouvernance constitue une autre source majeure de tension. L’association considère que le premier alinéa de l’article 15 ouvrirait la voie à un retour de la tutelle préfectorale sur les SDIS. Une « ligne rouge absolue », selon François Sauvadet, qui en réclame déjà le retrait.
Les départements partagent ainsi la colère exprimée par plusieurs organisations de sapeurs-pompiers. Ils reprochent à l’État de multiplier les réformes et les obligations sans garantir les moyens nécessaires à leur mise en œuvre.

Un modèle financier « à bout de souffle »

Cette absence de financement est d’autant plus contestée que l’activité des services de secours ne cesse d’augmenter. Les SDIS réalisent plus de 4,7 millions d’interventions chaque année, dont plus de 85 % concernent le secours aux personnes. Ces interventions ont progressé de plus de 80 % depuis 2000. En 2025, 4,89 millions d’opérations ont été comptabilisées, soit une hausse de 3 % en un an.
À cette pression s’ajoutent les carences ambulancières : 503 000 ont été recensées en 2024. Elles mobilisent les sapeurs-pompiers sur des missions qui devraient relever du transport sanitaire et réduisent la disponibilité des équipes pour les détresses vitales.
Départements de France juge désormais le modèle financier de la sécurité civile « à bout de souffle ». L’association réclame une programmation pluriannuelle permettant d’investir dans les équipements et de répondre à l’intensification des risques climatiques. Elle propose notamment de faire contribuer les compagnies d’assurances par l’intermédiaire de la taxe spéciale sur les conventions d’assurance, au titre des sinistres évités grâce à l’action des SDIS.

Les départements refusent par ailleurs d’assumer seuls les dépenses supplémentaires, notamment celles liées aux moyens aériens, qu’ils considèrent comme une responsabilité de l’État. Après les incendies de 2022 et les nouveaux feux de l’été, ils estiment que les enseignements des crises successives n’ont toujours pas été tirés. « Nos SDIS ne peuvent pas attendre la prochaine catastrophe. Nous ne pouvons pas à nouveau nous permettre de perdre quatre ans de plus », avertit André Accary, président de la commission SDIS de Départements de France.

 

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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