
Vote de confiance : les collectivités locales en première ligne des économies

En annonçant qu’il engagera la responsabilité de son gouvernement le 8 septembre, François Bayrou place la question des finances publiques au cœur du débat. Mais derrière la stratégie politique, les collectivités redoutent de porter une large part de l’effort budgétaire, évalué à près de 10 milliards d’euros.
Le 25 août, le Premier ministre a surpris en annonçant qu’il solliciterait un vote de confiance sur sa déclaration de politique générale. François Bayrou veut d’abord obtenir l’aval du Parlement sur « l’urgence de la situation financière » avant d’ouvrir la discussion budgétaire. Selon lui, la France est « au bord du surendettement » et doit engager sans délai un plan d’économies de 43,8 milliards d’euros.
Mais cette décision, qui rappelle la dissolution surprise de l’Assemblée, est perçue par nombre d’élus locaux comme une fuite en avant. « Cela fragilise encore davantage le pays sans apporter de solution », dénoncent les élus inquiet de voir s’ouvrir une nouvelle séquence d’instabilité politique.
Les collectivités, principales contributrices
Si la confiance est votée, les collectivités seront directement mises à contribution. François Bayrou évoque un effort de 5,3 milliards d’euros. Mais pour André Laignel, président du Comité des finances locales, la réalité s’approchera plutôt de 10 milliards, compte tenu des mécanismes de ponctions et de transferts imposés. C'est pourquoi, l’Association des maires de France (AMF) alerte : " ponctionner les budgets locaux ne résout pas le problème des finances publiques et ne fait que déplacer le déficit ". Surtout, cela menace un levier majeur de l’économie nationale : l’investissement public, dont 70 % est porté par les collectivités. Une baisse de leurs ressources aurait un effet récessif, aggravant la fragilité de la croissance déjà atone.
Normes et charges imposées par l’État dans le viseur
Au-delà des ponctions, les élus locaux pointent la responsabilité de l’État. Chaque année, de nouvelles normes viennent alourdir les budgets communaux et départementaux. « Pour réduire réellement les dépenses locales, il faut que l’État cesse d’imposer aux collectivités des charges qu’il ne finance pas », martèle l’AMF, citant l’excès de réglementations nationales et la sur-transposition des normes européennes.
Dans un contexte où les collectivités apparaissent comme les garantes de la stabilité et de la proximité des services publics, leur fragilisation inquiète. Alors que le Premier ministre mise sur un vote de confiance pour relancer son autorité, le risque est grand de voir s’accroître la défiance des territoires, déjà en première ligne face aux contraintes financières.
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