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Village Vivant veut remettre les commerces au cœur des villages

, mis à jour le 16/09/2026 à 15h49
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En rachetant et en rénovant des locaux vacants, Village Vivant permet l’installation de commerces et de lieux hybrides qui recréent des services de proximité et du lien social au cœur des villages.

Commerces de proximité, tiers-lieux ou bureaux dédiés à l’économie sociale et solidaire : La coopérative "Village Vivant" acquiert et rénove des locaux pour permettre à des collectifs de s’installer durablement en milieu rural. Lors d’une conférence consacrée à son premier rapport d’utilité sociale, la foncière coopérative a présenté les effets de son modèle sur les projets, le patrimoine et la vie locale.

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Acheter les murs pour libérer les projets : depuis huit ans, Village Vivant s’attaque à l’un des principaux obstacles rencontrés par les entrepreneurs ruraux, l’accès à l’immobilier. La foncière intervient principalement en Auvergne-Rhône-Alpes pour acquérir des boulangeries, des épiceries, des bars-restaurants, des lieux hybrides ou des locaux destinés à des acteurs de l’économie sociale et solidaire.

Mais elle ne se contente pas de mettre des locaux à disposition. Suivi des travaux, entretien des bâtiments, loyers progressifs ou saisonniers, réflexion sur le modèle économique et la gouvernance : l’accompagnement se poursuit après l’installation. « Nous ne sommes pas seulement un bailleur », résume la coopérative, qui revendique une relation de partenariat avec les porteurs de projets. Cette approche semble renforcer leur solidité. En huit ans, un seul lieu accompagné a fermé et 67 % des projets sont aujourd’hui considérés comme étant en bonne santé économique. Les plus fragiles sont souvent en phase de lancement ou dépendent fortement des subventions publiques. Village Vivant peut alors proposer un report de loyer ou aider les équipes à faire évoluer leur activité.

Des commerces qui recréent du lien social

Le premier rapport d’utilité sociale de Village Vivant, élaboré avec l’appui d’étudiants du master Économie sociale et solidaire de l’université Lyon 2, cherche à mesurer les effets de ces implantations au-delà de leur seul bilan financier. Les résultats montrent que ces lieux s’adressent d’abord aux habitants du village et des communes voisines. Leur caractère hybride constitue souvent une condition de leur pérennité : une boulangerie devient également épicerie et point presse, tandis qu’un restaurant peut accueillir un espace de vie sociale ou des activités associatives. Ces lieux jouent aussi un rôle de rencontre. La moitié des usagers des commerces interrogés déclarent y avoir croisé des personnes extérieures à leur cercle habituel. Cette proportion atteint 93 % dans les lieux hybrides. Au-delà du service rendu, ils contribuent ainsi à reconstruire une « infrastructure sociale » dans des territoires parfois marqués par la disparition progressive des espaces de sociabilité. La démarche participe également à la préservation du patrimoine rural. Deux tiers des immeubles acquis étaient vacants avant leur rénovation et près de la moitié des fonds collectés sont consacrés aux travaux. Le modèle permet donc de remettre en activité des bâtiments qui, sans intervention, risqueraient de continuer à se dégrader.

Une collecte pour changer d’échelle

Village Vivant a déjà ouvert 35 lieux et estime devoir en accompagner 60 pour atteindre son équilibre économique. Depuis sa création, la coopérative a collecté 17 millions d’euros, dont 5 millions apportés par un millier de citoyens. Elle souhaite désormais réunir 1,7 million d’euros supplémentaires d’ici au 31 décembre. La collecte, ouverte aux particuliers mais également aux entreprises et aux collectivités, doit financer de nouvelles acquisitions et rénovations. Les parts sociales sont accessibles à partir de 100 euros. Leur absence de rémunération permet à la foncière de proposer des loyers plus abordables aux occupants.

Le modèle essaime déjà au-delà de son territoire d’origine. Une vingtaine de foncières solidaires ont été formées par Village Vivant et un incubateur doit prochainement accompagner, pendant un an, de nouveaux porteurs de projets. Une manière de diffuser une autre conception de l’immobilier rural : des locaux soustraits à la spéculation et mis durablement au service des besoins du territoire.

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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