Conditions de travail : la territoriale s’en sort mieux, sans faire figure de modèle

, mis à jour le 03/11/2026 à 10h53
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Moins exposés à la pression que leurs collègues de l’État et de l’hôpital, les agents territoriaux restent confrontés à des enjeux de pénibilité physique et de reconnaissance professionnelle.

Moins de pression, davantage d’autonomie, un soutien hiérarchique mieux perçu : les collectivités présentent plusieurs atouts face à l’État et à l’hôpital. Mais le rapport annuel 2026 sur la fonction publique révèle aussi une pénibilité persistante et des agents territoriaux en manque de reconnaissance.

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Qui traite le mieux ses agents ? À la lecture du chapitre consacré aux conditions de travail du rapport annuel 2026 sur la fonction publique, la Territoriale dispose de sérieux arguments. Sur plusieurs indicateurs, ses agents décrivent un quotidien moins contraint que leurs collègues de l’État et, surtout, de l’hospitalière. Le constat mérite toutefois une précaution : l’enquête compare des métiers et des organisations très différents. Elle mesure des expositions et des perceptions, sans établir un palmarès de la qualité des employeurs.

Fondée sur l’enquête Conditions de travail de 2024, l’étude dessine néanmoins un profil territorial relativement favorable. 25 % des agents des collectivités déclarent travailler toujours ou souvent sous pression, contre 37 % dans la fonction publique de l’État et 41 % dans l’hospitalière. La proportion estimant devoir accomplir une quantité de travail excessive atteint 38 %, contre respectivement 45 % et 50 %. Un avantage réel pour les collectivités, à l’heure où leur attractivité se joue aussi dans le quotidien professionnel.

Moins de pression, plus de latitude

Dans les services territoriaux, 37 % des agents disent devoir toujours ou souvent se dépêcher pour effectuer leur travail. Ils sont 43 % à l’État et 60 % à l’hôpital. Les possibilités de souffler ponctuellement sont également plus importantes : 30 % des territoriaux ne peuvent pas interrompre momentanément leur activité lorsqu’ils le souhaitent, contre 50 % des agents de l’État et 48 % des hospitaliers. Cette latitude se retrouve dans l’organisation des tâches. Seuls 13 % des agents territoriaux déclarent ne pas pouvoir organiser eux-mêmes leur travail, contre 15 % à l’État et 25 % dans l’hospitalière. L’autonomie constitue donc un point fort de la territoriale, même si elle ne signifie pas une maîtrise complète de la charge de travail.

Les relations avec l’encadrement offrent un autre élément de comparaison favorable. Face à une tâche délicate ou compliquée, 28 % des territoriaux estiment ne pas être aidés par leurs supérieurs, contre 34 % des agents de l’État et 37 % des hospitaliers. Pour les collectivités, ce soutien mieux perçu représente un acquis à consolider. Il ne garantit cependant pas un climat apaisé partout. Les tensions avec la hiérarchie concernent 22 % des agents territoriaux, exactement comme à l’État et presque autant qu’à l’hôpital, à 23 %. Quant aux tensions entre collègues, elles touchent 24 % des territoriaux, contre 21 % des agents de l’État. Sur ce terrain, les collectivités ne font donc pas mieux.

Pénibilité et reconnaissance : les fragilités demeurent

Le tableau se nuance davantage lorsque l’on regarde les contraintes physiques. 38 % des agents territoriaux en cumulent au moins trois, parmi les postures pénibles, le port de charges, les déplacements fréquents ou les mouvements fatigants. C’est moins qu’à l’hôpital, où cette proportion atteint 56 %, mais nettement plus qu’à l’État, à 25 %. Les métiers techniques, de l’entretien ou de la petite enfance rappellent que l’emploi territorial reste aussi un travail du corps.

La reconnaissance constitue l’autre point sensible. Quatre agents territoriaux sur dix se jugent mal payés au regard du travail réalisé, autant que dans l’hospitalière et à peine moins qu’à l’État, à 43 %. Dans les collectivités, cette insatisfaction progresse de trois points entre 2016 et 2024, tandis qu’elle recule de dix points à l’hôpital. 

Les perspectives de carrière ne suffisent pas davantage à convaincre : 43 % des territoriaux les jugent insatisfaisantes, contre 50 % des agents de l’État, mais 39 % des hospitaliers. Et si le sentiment de manquer d’estime est moins répandu dans les collectivités — 26 %, contre 32 % à l’État et 29 % à l’hôpital — il concerne encore plus d’un agent sur quatre.

Enfin, l’avantage territorial s’érode sur plusieurs indicateurs de rythme de travail. Entre 2016 et 2024, la part des agents travaillant sous pression augmente de quatre points ; celle devant penser à trop de choses à la fois progresse de sept points. Les interruptions fréquentes pour traiter une tâche imprévue concernent désormais 69 % des territoriaux.

Les collectivités peuvent donc valoriser un environnement souvent moins contraint que celui des autres versants. Pour transformer cet avantage en attractivité durable, elles ont aussi des marges de progrès très concrètes : prévenir l’usure physique, réguler les sollicitations et mieux reconnaître le travail accompli.

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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