Crèches, EHPAD, aides à domicile : la pénurie de personnel menace désormais la continuité du service public

, mis à jour le 27/05/2026 à 15h17
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La crise du recrutement affecte désormais directement l’accès aux services pour les familles et les publics fragiles.

Refus d’accueil, prestations annulées, fermetures temporaires, salariés épuisés… Selon une enquête menée auprès de plus de 1 700 professionnels du secteur social et médico-social, la crise RH atteint un niveau critique dans les crèches, les EHPAD et les services d’aide à domicile. Une situation qui inquiète de plus en plus les collectivités confrontées au vieillissement de la population et aux besoins croissants d’accompagnement.

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La crise du recrutement dans les métiers du soin et de l’accompagnement change de dimension. Elle ne se limite plus à des difficultés d’embauche : elle affecte désormais directement l’accès aux services pour les familles et les publics fragiles. C’est le constat dressé par une enquête réalisée par Staff & Go auprès de 1 712 professionnels du secteur social et médico-social.

Premier signal d’alerte : près d’une structure sur deux (48 %) indique avoir dû annuler ou reporter une prestation faute de personnel au cours des douze derniers mois. Plus inquiétant encore, 41 % déclarent avoir refusé de nouveaux bénéficiaires ou de nouvelles inscriptions. Dans certains territoires, la situation conduit déjà à des fermetures temporaires d’unités ou à une réduction des visites à domicile. « La crise RH n’est plus seulement un problème de recrutement : elle se traduit concrètement par des familles à qui l’on dit non », souligne l’étude.

Des métiers de plus en plus difficiles à pourvoir

Les tensions se concentrent sur les métiers de première ligne. Les remplaçants, aides à domicile, auxiliaires de vie et aides-soignants figurent parmi les profils les plus difficiles à recruter. L’enquête révèle également que 86 % des structures ont laissé au moins un poste vacant pendant plus de trois mois au cours de l’année écoulée. Pour deux tiers d’entre elles, plusieurs postes restent durablement non pourvus. Résultat : les équipes restantes absorbent la charge. Seize pour cent des structures reconnaissent avoir fait travailler des salariés au-delà des limites légales afin d’assurer la continuité de service. « Ce n’est plus seulement une crise RH : c’est un vrai sujet de société », alerte Fouad Sevimli, cofondateur de Staff & Go.

Les collectivités face au risque de rupture territoriale

Pour les collectivités locales, cette situation soulève des enjeux majeurs d’aménagement territorial et de cohésion sociale. Dans les territoires ruraux comme dans les grandes agglomérations, les difficultés de recrutement fragilisent déjà les politiques locales de petite enfance, d’autonomie et de maintien à domicile. Selon l’étude, 71 % des structures estiment qu’elles devront réduire leur activité ou fermer dans les trois prochaines années si rien ne change. Les professionnels interrogés décrivent également une perte de sens progressive du métier. Sept sur dix disent avoir eu le sentiment de ne pas pouvoir accompagner correctement un bénéficiaire faute de temps ou de moyens, tandis que 73 % ont déjà envisagé de quitter le secteur.

Autre enseignement marquant : neuf professionnels sur dix ne recommanderaient plus leur métier « sans réserve » à un jeune en orientation. Un signal particulièrement préoccupant alors que les besoins d’accompagnement liés au vieillissement démographique et à la petite enfance continuent d’augmenter dans l’ensemble des territoires.

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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