Emploi territorial : prudence électorale oblige

, mis à jour le 05/01/2026 à 16h10
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2026 : un redémarrage sous conditions

Fin 2025, les collectivités territoriales ont levé le pied sur les recrutements, même si derrière la hausse continue de la masse salariale se cache une quasi-stagnation des effectifs. Un attentisme largement lié au contexte électoral, avant un redémarrage attendu dès 2026.

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À première vue, les chiffres pourraient prêter à confusion. En 2025, la masse salariale des collectivités territoriales a continué de progresser, avec une hausse estimée à 3,2 %. Mais derrière cette dynamique se cache une réalité plus contrastée : les recrutements ralentissent nettement et les effectifs stagnent. L’Observatoire Adelyce parle même d’un mouvement « étonnant », tant les charges structurelles pèsent lourdement sur les budgets locaux.
La hausse du taux de cotisation à la CNRACL et la fin des compensations exceptionnelles de cotisations Urssaf accordées en 2024 ont mécaniquement renchéri le coût du travail. Résultat : les exécutifs locaux arbitrent, temporisent, reportent. Les remplacements sont différés, les créations de postes gelées, dans un contexte budgétaire déjà tendu.
Mais ce coup de frein ne relève pas uniquement de considérations financières. À l’approche des élections municipales, la prudence politique s’invite dans les décisions de gestion. Nombre de collectivités préfèrent différer leurs choix structurants, notamment en matière de ressources humaines, en attendant le verdict des urnes.

2026 : un redémarrage sous conditions

Pour autant, cette pause ne signe pas un désengagement durable. Bien au contraire. L’Observatoire Adelyce anticipe un rebond des recrutements en 2026, principalement dans le sillage du renouvellement municipal. Une fois les exécutifs installés, les projets différés devraient revenir à l’agenda, avec eux la nécessité de renforcer les équipes.
Ce redémarrage s’inscrira toutefois dans un cadre profondément transformé. Vieillissement des agents, tensions persistantes sur certains métiers, exigences accrues en matière de compétences numériques, environnementales ou managériales : les collectivités devront recruter autrement. Plus ciblé, plus stratégique, parfois plus contraint aussi.
La question ne sera donc pas seulement celle du volume d’emplois publics locaux, mais bien de leur nature. 2026 pourrait marquer un tournant, celui d’une fonction publique territoriale sommée de concilier rigueur budgétaire, attractivité des métiers et capacité à accompagner les grandes transitions à l’œuvre dans les territoires.
 

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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