2026, l’année où la décarbonation ne pourra plus attendre
Publiée fin 2025, la troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3) fixe une trajectoire exigeante pour réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Pour l’État comme pour les collectivités, 2026 s’annonce comme l’année du basculement entre planification et mise en œuvre concrète.
Avec la SNBC 3, l’État rehausse nettement le niveau d’exigence climatique. Objectif central : réduire de 50 % les émissions territoriales brutes de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 1990, afin de tenir le cap de la neutralité carbone en 2050. Mais le véritable changement se situe dans le rythme : la France devra désormais réduire ses émissions de 5 % par an jusqu’en 2030, contre 2 % par an sur la période récente.
Cette accélération implique un changement d’échelle pour l’action publique. La SNBC 3 ne se limite plus à des orientations générales : elle décline des budgets carbone sectoriels, fixe des plafonds d’émissions et identifie des leviers précis dans les transports, le bâtiment, l’industrie, l’agriculture ou encore l’énergie. À cela s’ajoute une prise en compte plus explicite des émissions liées aux importations, signe d’une approche plus globale de l’empreinte carbone nationale.
2026, le moment de vérité pour les territoires
Si 2025 aura été celle de la concertation et de la publication des cadres, 2026 s’annonce comme l’année de la traduction opérationnelle. Les collectivités territoriales sont directement concernées : transports, rénovation énergétique des bâtiments, aménagement, gestion des déchets ou développement des énergies renouvelables relèvent en grande partie de leur action.
La SNBC 3 appelle ainsi à une mobilisation rapide des acteurs locaux, alors même que les contraintes budgétaires demeurent fortes et que la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) n’est pas encore publiée. Dans les transports, premier secteur émetteur, l’enjeu sera d’accélérer la transition des mobilités et des infrastructures. Dans le bâtiment, la massification de la rénovation énergétique devient incontournable. En agriculture et dans la filière forêt-bois, la stratégie repose sur des transformations de long terme, rendues plus complexes par les effets déjà visibles du changement climatique.
Au-delà des outils, la SNBC 3 pose une question politique majeure : celle de l’acceptabilité sociale des choix à venir. Sobriété, évolution des modes de consommation, investissements lourds et arbitrages locaux feront de 2026 une année décisive. Plus qu’un cap stratégique, la SNBC 3 engage désormais l’État et les territoires dans une course contre la montre climatique, où le temps de l’action ne peut plus être différé.