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L’AMF fait sa rentrée sous haute tension

, mis à jour le 22/09/2026 à 16h47
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David Lisnard, président de l’AMF, et André Laignel, premier vice-président délégué, ont placé leur rentrée sous le signe de la défense des finances et des libertés locales.

Finances locales, sécurité civile, normes, polices municipales et flambée des dépenses contraintes : pour leur conférence de presse de rentrée, David Lisnard, président de l’Association des maires de France, et André Laignel, son premier vice-président délégué, ont dressé un constat sévère. En ligne de mire : la recentralisation et l’érosion continue des libertés locales.

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Pas de round d’observation pour l’Association des maires de France. À quelques semaines de son Congrès, placé sous le mot d’ordre « Regagnons nos libertés locales », l’AMF ouvre la rentrée avec une longue liste d’alertes et de revendications. Face aux incendies, aux contraintes budgétaires et à la multiplication des normes, David Lisnard réclame une véritable association des maires aux décisions de l’État. « On en a marre d’être les fantassins. On aimerait passer capitaines », lance-t-il, refusant également que les communes soient présentées comme le « dernier kilomètre » de l’action publique : « Nous sommes le premier mètre. » L’été a d’abord rappelé le rôle central des élus dans la gestion des crises. L’AMF a mobilisé 400 000 euros au profit de la Protection civile et autant pour soutenir directement les communes sinistrées. Ce fonds doit désormais être pérennisé afin d’intervenir lors de futures catastrophes. L’association demande également de simplifier la mise en œuvre des obligations légales de débroussaillement et de mieux intégrer les maires aux postes de commandement. Elle réclame enfin un audit indépendant du financement de la sécurité civile et une affectation transparente de la taxe sur les conventions d’assurance aux services départementaux d’incendie et de secours.

Des finances locales à nouveau dans le viseur

Le principal front de cette rentrée reste toutefois budgétaire. Selon David Lisnard, les collectivités sont régulièrement appelées à contribuer au redressement des comptes publics tout en supportant des dépenses nouvelles décidées par l’État. Il cite notamment la hausse des cotisations à la la Caisse de retraite des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers (CNRACL), l’application du zéro artificialisation nette, la rénovation des bâtiments, le tri à la source des biodéchets ou encore l’augmentation annoncée de la fiscalité sur les unités de valorisation énergétique. « On est d’accord pour participer à tous les efforts si ces efforts font du bien à la fin, s’ils permettent de renforcer les services publics locaux et d’assainir les comptes publics », assure-t-il. Mais l’AMF estime à au moins 10 milliards d’euros les dépenses supplémentaires imposées au bloc communal, alors que ses recettes seraient surestimées dans les projections budgétaires.

André Laignel redoute notamment une remise en cause du Fonds de compensation pour la TVA et un report des remboursements, qui pèseraient directement sur l’investissement. « Ce n’est pas une dotation, c’est un remboursement », martèle-t-il. Une année blanche en 2027 priverait les collectivités de plusieurs milliards d’euros et fragiliserait le bâtiment comme les travaux publics. Pour le premier vice-président de l’AMF, l’équation est intenable : après une ponction ou un manque à gagner évalué à près de 8 milliards d’euros en 2026, un effort comparable pourrait être demandé en 2027.

« Regagnons nos libertés locales »

Derrière la bataille financière se joue, selon l’AMF, l’avenir même de la décentralisation. « Nous allons fêter une décennie de décadence », affirme André Laignel, qui dénonce une autonomie fiscale devenue « une guenille » après la suppression successive de plusieurs impôts locaux. La baisse de l’autofinancement conduit les collectivités à puiser dans leurs réserves, à réduire leurs investissements et à s’endetter davantage. Or elles représentent près de 70 % de l’investissement public civil.

Les deux dirigeants attendent aussi l’inscription au Parlement du texte relatif aux polices municipales et aux gardes champêtres, élaboré dans un large consensus. Ils appellent par ailleurs à publier rapidement les décrets encore manquants sur le statut de l’élu.

À ces inquiétudes s’ajoutent la hausse du coût des carburants, des transports publics et de l’alimentation dans les cantines. David Lisnard observe déjà des « signes d’exaspération » chez des ménages étranglés par les dépenses contraintes. Pour l’AMF, la réponse passe moins par de nouvelles prescriptions que par un changement de méthode : rendre aux collectivités des marges de décision, restaurer leur capacité d’investissement et les considérer comme des partenaires à part entière. « Le grand drame de cet État, conclut André Laignel, c’est qu’il considère les collectivités comme une variable d’ajustement et des sous-traitants

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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