Les départements inventent la solidarité au plus près

, mis à jour le 04/11/2026 à 15h58
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Les services itinérants permettent de rapprocher l’accompagnement public des habitants éloignés des guichets. Dans le Gard, le bilan recense 37 communes desservies par les Maisons mobiles du Conseil départemental.

Services itinérants, médecins salariés, habitat partagé, soutien aux jeunes… Dans son bilan 2021-2025, Départements Solidaires présente des initiatives concrètes qui rapprochent l’action publique des habitants. Un plaidoyer par l’exemple pour défendre le rôle départemental... sur fond de contraintes budgétaires.

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Une démarche administrative qui n’aboutit pas, un médecin traitant introuvable, un logement devenu inadapté : les difficultés du quotidien appellent des réponses qui dépassent souvent le versement d’une prestation. C’est le fil conducteur du Manifeste des Départements pour l’émancipation par la solidarité, publié par Départements Solidaires. L’association, qui rassemble 19 départements, y présente un bilan des innovations engagées entre 2021 et 2025. Ce document revendicatif défend un échelon capable de relier accompagnement social, accès aux soins, habitat et transition écologique. Il constitue un recueil d’expériences portées par les collectivités, davantage qu’une évaluation indépendante de leurs résultats. Son intérêt tient notamment aux solutions concrètes qu’il donne à voir.

Le service public prend la route

Premier enjeu : rejoindre les habitants qui ne viennent plus jusqu’aux services. Dans le Gard, les Maisons mobiles du Conseil départemental desservent, selon le bilan, 37 communes. Elles apportent des réponses sur les aides sociales, le logement, l’enfance ou le grand âge. En Gironde, le « Bus en + », conçu comme une extension des Maisons du Département des Solidarités, vise également à renforcer l’accès aux droits et aux soins des personnes éloignées des services.

La proximité passe aussi par une administration plus compréhensible. Dans les Côtes-d’Armor, des comités d’usagers ont travaillé avec les agents à la reformulation des courriers destinés aux allocataires du RSA. Dans le Lot, 37 conseillers numériques accompagnent gratuitement 4 000 habitants, tandis que des ordinateurs départementaux sont reconditionnés pour être redistribués à des personnes non équipées.

L’accès aux soins illustre cette recherche de réponses locales. À Chantenay-Saint-Imbert, dans la Nièvre, le centre ouvert en 2024 avec Médecins solidaires fonctionne grâce à des généralistes qui se relaient chaque semaine. Le bilan indique que plus de 1 220 patients ont ainsi trouvé un médecin traitant. Le Département a contribué au financement du projet et mis un véhicule à disposition des praticiens. Dans le Gers, trois centres départementaux de santé et trois antennes ont permis, selon le document, à plus de 5 000 patients de retrouver un médecin traitant.

Accompagner les parcours plutôt que les ruptures

Deuxième ligne de force : intervenir avant que les fragilités ne deviennent des impasses. En Meurthe-et-Moselle, un revenu d’émancipation a été créé fin 2024 pour des jeunes de 16 à 25 ans particulièrement vulnérables, disposant de peu ou pas de ressources et de soutien familial, en dehors des dispositifs existants. Il prolonge une politique d’accompagnement des jeunes majeurs, étendue aux 21-25 ans en 2022.

Pour l’avancée en âge, le Lot-et-Garonne mise sur « Habitat partagé 47 ». Le programme soutient 14 projets, avec un objectif de 120 logements à terme, pour conjuguer autonomie et vie collective. Dans le Lot, c’est une ancienne gendarmerie, à Saint-Céré, qui a été cédée afin d’accueillir un projet d’habitat inclusif. Une manière de mobiliser le patrimoine départemental pour répondre à de nouveaux besoins.

Les collèges offrent un autre terrain d’action. Dans les Landes, le tarif de restauration est maintenu à 3 euros, pour un coût complet estimé dans le bilan à 9,50 euros par repas. En Dordogne, la démarche associant bio, approvisionnement local et cuisine faite maison concerne les 35 collèges dont le Département gère la restauration ; le document fait état de 25 établissements déjà labellisés Ecocert.

Ces expériences dessinent une action départementale qui cherche à associer aide immédiate et autonomie durable. Reste une question que le manifeste pose avec insistance : comment préserver cette capacité d’initiative lorsque les ressources se resserrent ? L’association réclame un soutien de l’État plus pérenne. Pour les collectivités qui souhaiteraient s’inspirer de ces démarches, l’étape suivante consiste aussi à en examiner les coûts, les partenariats et les résultats dans la durée.

 

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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