Stationnement vélos, les collectivités au pied du mur
Bureaux, écoles, commerces… L’échéance européenne du 1er janvier 2027 remet le stationnement vélo à l’agenda des gestionnaires de bâtiments. Pour les collectivités, propriétaires et employeurs, l’enjeu consiste à prévoir suffisamment de places, mais aussi à garantir leur sécurité et leur accessibilité.
Développer les pistes cyclables ne suffit pas : encore faut-il pouvoir laisser son vélo à destination sans craindre de le retrouver endommagé ou de ne pas le retrouver du tout. À moins de deux mois de l’échéance européenne de janvier 2027, le stationnement devient un chantier à part entière pour les gestionnaires de bâtiments, publics comme privés.
La directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments fixe aux États membres un objectif pour le 1er janvier 2027 : équiper les bâtiments non résidentiels existants disposant de plus de vingt places de stationnement automobile d’emplacements vélo correspondant à au moins 15 % de leur capacité moyenne ou 10 % de leur capacité totale d’utilisation. Le calcul porte donc sur les utilisateurs du bâtiment, et non sur le nombre de voitures. Des espaces doivent également être prévus pour les vélos de dimensions supérieures aux modèles standards. Bureaux, écoles et supermarchés figurent notamment dans le périmètre identifié par la Commission européenne. Ces dispositions doivent être lues avec les textes nationaux qui en assurent la transposition et précisent leur application.
Des obligations françaises déjà bien présentes
Les gestionnaires ne partent pas d’une page blanche. En France, les bâtiments tertiaires existants constitués principalement de locaux professionnels et dotés d’au moins dix places automobiles destinées aux travailleurs sont déjà soumis à une obligation de stationnement vélo. Le minimum correspond à 10 % des travailleurs accueillis simultanément.
Pour les bâtiments neufs accueillant un service public, les exigences atteignent 15 % des agents et 15 % des usagers accueillis simultanément, pour leurs emplacements respectifs. Des obligations s’appliquent également lors de travaux sur certains parkings d’au moins dix places, lorsque leur coût prévisionnel atteint au moins 2 % de la valeur du bâtiment. Autant de situations à distinguer avant de programmer un équipement.
Pour une collectivité, la première étape consiste donc à inventorier son patrimoine : quels bâtiments sont concernés, combien de personnes accueillent-ils et quels équipements existent déjà ? Pour Stéphane Seigneurin, fondateur de Sharvy, entreprise spécialisée dans la gestion des parkings, la nécessité est « d’anticiper les besoins réels » avant de planifier les aménagements.
Des places utilisables, pas seulement comptabilisées
Installer quelques supports dans un espace résiduel ne garantit pas un stationnement satisfaisant. La réglementation française prévoit au moins deux emplacements et 1,5 m² par vélo, hors dégagements. Les dispositifs fixes doivent stabiliser le vélo et permettre d’attacher son cadre ainsi qu’au moins une roue. La sécurisation dépend aussi du public accueilli. Pour les agents et salariés, l’accès doit être assuré par une porte munie d’un système de fermeture sécurisé ; à l’extérieur, les installations doivent être couvertes, éclairées et closes. Pour les usagers des services publics et les clients, une surveillance fonctionnelle peut constituer une autre modalité de sécurisation. Les équipements extérieurs doivent également être couverts et éclairés. Au-delà des prescriptions, la facilité d’usage fera la différence : cheminement depuis la rue, largeur des passages, manœuvres possibles avec un vélo cargo, supports compatibles avec le poids des vélos électriques… Un équipement difficile d’accès risque de rester vide, même correctement dimensionné sur le papier.
Pour les collectivités, le chantier mérite ainsi d’associer services du patrimoine, mobilités, ressources humaines et utilisateurs. L’objectif est concret : faire du stationnement un maillon fiable des déplacements quotidiens, jusqu’à la porte de l’école ou du bureau.