Les cours d’école accélèrent leur mue végétale
Face à la multiplication des vagues de chaleur, les collectivités veulent faire des cours végétalisées un nouveau standard d’aménagement. Selon l’Observatoire des villes vertes, 62 % ont déjà transformé au moins un quart de leurs cours, mais le financement freine encore leur généralisation.
Longtemps conçues comme des espaces minéraux, faciles à surveiller et à entretenir, les cours d’école apparaissent désormais inadaptées à l’intensification des épisodes caniculaires. En juin 2026, plus de 13 500 écoles et établissements ont dû modifier leur fonctionnement en raison des fortes chaleurs. Près de 3 500 écoles et collèges ont même été contraints de fermer totalement. Dans ce contexte, la végétalisation progresse rapidement. La 19e enquête de l’Observatoire des villes vertes, créé par l’Unep et Hortis, révèle que 96 % des collectivités interrogées souhaitent en faire un standard d’aménagement. Plus de six sur dix ont déjà végétalisé au moins un quart de leurs cours d’école.
Des objectifs ambitieux d’ici 2031
Certaines collectivités ont pris de l’avance. Angers et Saint-Paul, à La Réunion, déclarent avoir transformé plus de 75 % de leurs cours. Près des deux tiers des répondants souhaitent en végétaliser au moins la moitié au cours des cinq prochaines années. Près d’une ville sur cinq, parmi lesquelles Toulouse et Perpignan, vise la totalité de son patrimoine scolaire d’ici 2031.
Les projets ne se limitent pas à la plantation d’arbres. Toutes les collectivités interrogées créent des zones de pleine terre. Le déscellement des sols et les jardins pédagogiques sont retenus par 89 % d’entre elles. Classes extérieures, gestion des eaux pluviales, mares, nichoirs et espaces favorables à la biodiversité complètent les aménagements. Pour trois collectivités sur quatre, l’objectif prioritaire reste l’amélioration du bien-être, du confort et de la santé des élèves.
Le financement, principal obstacle
Le consensus ne suffit cependant pas à assurer le passage à l’échelle. Le financement est cité comme le premier frein par 77 % des répondants, devant les contraintes techniques propres aux sites, mentionnées par 46 %, et les difficultés d’entretien. La généralisation des cours végétalisées dépendra donc largement de la capacité des collectivités à mobiliser des aides durables.