Tiers-lieux : 4 041 laboratoires locaux, mais des modèles encore fragiles

, mis à jour le 28/09/2026 à 14h45
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Espaces de travail, ateliers, culture, formation et convivialité : les 4 041 tiers-lieux recensés en France multiplient les activités et s’affirment comme des partenaires à part entière du développement local

Le Panorama 2026 de France Tiers-Lieux confirme l’ancrage de ces espaces hybrides dans les territoires. Emploi, culture, formation, inclusion numérique ou services publics : leurs missions se multiplient. Mais la baisse des soutiens publics et l’épuisement des équipes menacent leur équilibre.

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Coworking, café associatif, atelier partagé, lieu culturel, espace de formation… Difficile désormais de faire entrer les tiers-lieux dans une seule case. Et pour cause : chacun d’eux se reconnaît en moyenne dans 2,9 familles et propose plus de neuf activités différentes. Leur nombre a plus que doublé depuis 2018, passant de 1 800 à 4 041 en 2026. Loin d’être réservés aux métropoles, 35 % sont implantés en milieu rural et 21 % dans les petites villes et villes moyennes. Le nouveau panorama réalisé par France Tiers-Lieux, avec l’Association nationale des tiers-lieux et les réseaux régionaux et nationaux, s’appuie sur les réponses de plus d’un millier de structures et sur l’actualisation de la cartographie nationale.

Des partenaires désormais incontournables

Les tiers-lieux ne sont plus de simples espaces de travail partagés. Ils accueillent en moyenne 105 personnes par jour et fédèrent près de 900 000 adhérents. Les activités culturelles ou artistiques sont présentes dans 72 % des lieux, la formation professionnelle ou l’éducation populaire dans 71 %, le coworking dans 59 % et la fabrication ou la production locale dans 43 %. Leur rôle territorial apparaît également dans leurs partenariats : 94 % travaillent avec au moins une collectivité ou une institution publique. Les communes arrivent largement en tête, citées par 75 % des lieux, devant les intercommunalités (68 %), les régions (52 %) et les départements (48 %). Près d’un tiers proposent aussi de la médiation numérique, tandis que 48 % conduisent des projets destinés aux personnes éloignées de l’emploi.

Cette activité représente 12 247 équivalents temps plein salariés, auxquels s’ajoutent 2 386 ETP indépendants et surtout 19 603 ETP bénévoles. En 2025, les tiers-lieux ont également accueilli près de 565 000 élèves et formé plus de 235 000 personnes.

Une dynamique menacée par la fragilité financière

Derrière cette effervescence, les équilibres restent précaires. Les 4 041 lieux génèrent près de 444 millions d’euros d’activité, composés à 55 % de recettes propres et à 45 % de subventions. Lorsqu’un budget diminue, la réduction ou la disparition d’une aide publique est invoquée dans 74 % des cas.

Pour les douze prochains mois, 41 % des structures redoutent une nouvelle baisse du soutien de leurs partenaires publics et 40 % l’épuisement ou la démotivation des équipes. Surtout, 8 % identifient un risque de fermeture, principalement en raison d’un modèle économique instable ou d’un manque de ressources humaines.

Le panorama dessine ainsi un paradoxe : les tiers-lieux n’ont jamais été aussi présents dans les politiques locales, mais leur pérennité demeure étroitement liée à l’engagement des collectivités. Des laboratoires d’innovation territoriale devenus indispensables, sans avoir encore totalement sécurisé leur avenir.

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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