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Interview : Valéry Molet, DGS de l’EPTB (établissement public territorial de bassin) Seine Grands lacs

Philippe Pottiée-Sperry
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Quelles sont les missions de l’EPTB Seine Grands lacs ?

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Syndicat mixte, anciennement établissement public interdépartemental, l’EPTB Seine Grands lacs a été créé pour deux missions financées par les départements de la petite couronne dont Paris. Il s’agit de prévenir les inondations via les grands lacs, réservoirs et barrages, et de maintenir l’étiage de la Seine à un certain niveau. Ce second versant va devenir de plus de plus important du fait des conséquences du changement climatique. S’y ajoute aussi à présent une troisième orientation qui vise à définir des politiques éco-responsables autour de la préservation du patrimoine (faune et flore) et des milieux aquatiques. Tout cela se fait dans le cadre de la compétence Gemapi [gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations] qui relève des intercommunalités. Avec nos ouvrages hydrauliques, notre rôle est majeur pour la mise en œuvre de cette compétence sachant que nous pouvons canaliser 800 millions de m3 d’eau. Lors des fortes crues de janvier 2018, sans les lacs réservoirs, il y aurait eu des dégâts beaucoup plus importants. Dans la chaine des acteurs de la gestion de la prévention des inondations, nous sommes essentiels.

Comment cela se passe concrètement avec les intercommunalités ?

Avec les intercommunalités de Troyes, de Saint-Dizier et bientôt celle de Meaux, nous n’exerçons pas directement la compétence Gemapi mais nous aidons à son bon exercice. Elles ont adhéré au syndicat mixte à côté des contributeurs historiques. Pour la MGP [métropole du Grand Paris] – qui vient d’instituer la taxe Gemapi – nous sommes en discussion pour une adhésion ou un conventionnement. Il est aussi possible de faire adhérer les Epage [établissements publics d'aménagement et de gestion des eaux]. Autre option : passer des conventions pour l’exercice de certaines prestations. Mais l’adhésion reste la formule la plus fréquente. Nous avons aussi un projet d’adhésion de la région Grand Est, intéressée à la structuration de la compétence Gemapi sur son territoire. Ces nouveaux adhérents vont induire une nouvelle clé de répartition des financements qui constitue un enjeu majeur pour l’avenir de l’EPTB. Il compte aujourd’hui 140 personnes pour un budget de 35 M€.

En quoi consiste le projet de « La Bassée » ?

Au-delà des missions traditionnelles d’entretien et d’exploitation de nos ouvrages existants, il s’agit là d’un projet très structurant, au sud de la Seine-et-Marne, pour prévenir les inondations, lors d’une crue convergente de l’Yonne et de la Seine. Ce projet comprendra dix casiers à remplir en cas de crue en excavant de l’eau de la Seine. Le premier casier devrait voir le jour en 2023 pour un montant de 110 M€. Le projet global s’élèvera à quelque 600 M€ afin de réduire le niveau de la Seine à Paris de 30 à 40 cm, outre ce que nous faisons déjà grâce aux lacs réservoirs.

Votre savoir-faire est reconnu jusqu’en Chine !

En effet. Dans le cadre d’un accord de coopération entre nos deux pays, nous avons été invités, en décembre dernier, à une journée d’échanges intitulée « Villes éponges et résilience urbaine », organisée par l’Agence française de développement et le ministère chinois des finances, avec l’organisation internationale de l’eau. Nous avons aussi rencontré les autorités locales à Tianjin [quatrième ville de Chine avec plus de 15 millions d’habitants], dans le cadre d’un partenariat déjà ancien sur la rivière Hai qui repose sur notre expertise relative à la gestion écologique des infrastructures hydrauliques. Par ailleurs, nous avons aussi des projets de coopération avec des pays européens ou africains concernant la gestion et la prévention du risque inondations
Propos recueillis par Philippe Pottiée-Sperry
Philippe Pottiée-Sperry
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