« La confiance se construit par la loyauté mutuelle »
Présidente du Syndicat National des Directions Générales des Collectivités Territoriales, Hélène Guillet place son mandat sous le signe de la reconnaissance des métiers de direction. À l’approche de Territorialis, les 1er et 2 octobre à Reims (51), elle appelle les élus et cadres à consolider leur relation pour agir ensemble.
Quel message souhaitez-vous porter en ce début de mandat municipal ?
Avant tout, celui de la confiance. Elle commence par une forme de lucidité sur ses propres capacités, mais également sur ses limites et celles des autres. Dans la relation entre les élus et la direction générale, elle repose d’abord sur une loyauté mutuelle : chacun doit rester dans son rôle, assumer ses responsabilités et prouver à l’autre qu’il peut compter sur lui. Et puis, la confiance ne se décrète pas, elle se construit et peut aussi se réparer. L’essentiel est de rester alignés sur un même objectif : servir le territoire au-delà des personnes et des réussites individuelles. C’est pourquoi, le thème de Territorialis est, cette année, “Avoir confiance & Agir ensemble”.
Mais comment passer du slogan à la réalité ?
La bonne volonté ne suffit pas : il faut de la méthode. En début de mandat, les nouvelles équipes se concentrent naturellement sur les projets, les finances et la transformation des engagements électoraux en réalisations concrètes. Mais elles doivent aussi consacrer du temps à la qualité de la relation entre l’exécutif et la direction générale. Il faut s’accorder sur les objectifs, la méthode et le rôle de chacun. Dans un environnement incertain et anxiogène, une relation solide permet de se parler franchement, de corriger les désaccords et de réaligner
l’action collective.
Quelles orientations souhaitez-vous donner au SNDGCT ?
Je veux amplifier la parole du syndicat pour mieux faire connaître la valeur des métiers de direction générale et renforcer notre influence. Nous devons également développer les échanges avec nos 4000 adhérents, poursuivre la modernisation du SNDGCT et faire évoluer notre communication. Notre maillage territorial est essentiel. Les animations organisées en région doivent nous permettre de recueillir les préoccupations et les propositions de nos collègues. Cette écoute du terrain est précieuse, car elle nourrira notre action nationale et les positions que nous porterons auprès des pouvoirs publics.
Les fonctions de direction générale sont-elles devenues moins attractives ?
Nos collègues se sentent davantage exposés, alors que leurs fonctions restent méconnues et insuffisamment reconnues. Les rémunérations ne correspondent pas toujours au niveau des responsabilités exercées. Beaucoup évoquent également un sentiment d’isolement. Car la question de la responsabilité personnelle reste très préoccupante, notamment en matière de protection fonctionnelle. Nous continuons à formuler des propositions et à accompagner les collègues confrontés à ces situations. Malgré ces diffcultés, leur engagement en faveur de l’intérêt général et du service public reste extrêmement fort.
Qu’attendez-vous de Territorialis 2026 ?
Territorialis doit orir un temps de réflexion, de respiration et de partage entre cadres territoriaux, élus, chercheurs et partenaires. Dans la période actuelle, nous avons besoin de prendre de la hauteur, de “monter au balcon” pour regarder autrement les diffcultés quotidiennes. J’attends de ce rendez-vous qu’il favorise davantage de fluidité et d’apaisement, tout en faisant émerger des propositions concrètes. Plus largement, nous devons rouvrir le débat politique sur la place du service public et de ses agents dans la société de demain.